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L'analyse thématique

D’une logique d’offre de données à une logique d’usages au service de l’intérêt général.

Les capacités de production, d’analyse et de modélisation de données se sont largement accélérées ces dix dernières années. Qu’elles soient d’origine humaine, issues d’imagerie satellite ou de réseaux de capteurs, les volumes de données territoriales et environnementales semblent sans limite. Mais si “le numérique est un moyen sans but, et l’écologique un but sans moyen” (Fing - Transition2), comment faire converger utilement et concrètement ces deux orientations ? Au-delà de l’offre de données, et du “data push” produit jusqu’alors, comment faciliter l’usage des données pour contribuer à la mise en réseau et en capacité des acteurs territoriaux en faveur de projets concrets ?
Par un rapprochement stratégique entre les acteurs de l’innovation publique, du numérique ouvert et de l’écologie, l’appropriation des données territoriales et environnementales peut contribuer à la capacitation d’acteurs, à mettre en débat et, dans une certaine mesure, à une transition écologique des territoires plus démocratique.

Opérer un 180°, pour que l’offre de données rencontre ses usages.

Les collectivités, au-delà des territoires pionniers et initiés, sont de plus en plus nombreuses à déployer des portails open data et à mobiliser les données ouvertes dans la mise en œuvre et l’évaluation de leurs politiques publiques. Aller au-delà des observatoires, comment l’ouverture nourrit et développe favorise le développement économique, social et démocratique du territoire ? Encore aujourd’hui, de nombreuses difficultés limitent la perception de la valeur d’usage des jeux de données publiés. La multiplicité des acteurs et des portails soulèvent aussi un problème de découvrabilité et de qualité des données. Les cas d’utilisations possibles des données sont décloisonnés, tandis que les bases de données, elles, semblent cloisonnées (par organisations, contrats, échelles...). Les producteurs de données et opérateurs ne connaissent que très rarement les réutilisations faites de leur données par des tiers.
En l’état, la socialisation de nombreuses données est faible. Beaucoup nécessitent une expertise élevée tant numérique que thématique. De fait, des efforts d'éditorialisation et de valorisation sont nécessaires. Des formes de design, de formations et de médiation auprès d'acteurs de terrains peuvent aider.
Afin d’accompagner l’appropriation des données et en faciliter leurs usages, l’Ecolab au sein du Commissariat Général du Développement Durable (CGDD) construit actuellement une plateforme visant à centraliser les données et y donner accès via des cas d’usages référencés. Au-delà de critères de recherche thématiques ou territorialisées, une étude conduite dans ce contexte démontre les difficultés rencontrées qui freinent l’appropriation des données disponibles. Par la création de bouquet de données, organisés par cas d’usages ciblant différentes politiques publiques et l’animation de communautés de pratiques, Ecosphères constitue une réelle opportunité pour accéder à un large panel de données utiles.
Ce document, nourri par un inventaire de cas d’usages issus d’une enquête menée via OpenDataFrance et par une série d’entretiens, contribue à valoriser les réutilisations par les territoires qui produisent, ouvrent et utilisent ces données.

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